La norme et l’épreuvage logiciel
L’ISO à publié en 2004 la norme ISO 12646 pour définir les caractéristiques et les conditions d’examen visuel pour l’épreuvage logiciel sur écran.
L’ISO 12646 défini les qualités et paramètres nécessaires pour les écrans CRT (tube cathodique). Toutefois, la norme précise qu’une partie importante de ces spécifications est validée pour les écrans LCD (Liquid Crystal Display).
Une taille minimale de 43 cm de diagonale (17 pouces) et 22 cm de hauteur est imposée par la norme.
L’écran doit être capable d’uniformité dans l’affichage des aplats gris, blanc et noir ; sa précision géométrique et la convergence des canaux RVB doivent être correctes.
La norme prend soin également de décrire les conditions d’éclairage ambiant en se basant sur une norme plus ancienne (ISO 3664). Cette dernière défini les conditions d’examen visuel pour les arts graphiques et la photographie.
L’ISO 12646 défini la température de couleur (Tc) du point blanc à 5000 °K (D50) et défini sa luminosité entre 80 et 120 cd/m2 (Candéla par mètre carré). La luminosité du point noir doit être égale ou inférieure à 1% de celle du point blanc.
La norme indique que le gamut de l’impression simulée doit être reproduit intégralement dans celui du moniteur, en d’autres termes, l’écran doit être capable d’afficher toutes les couleurs présentes sur l’imprimé simulé et donc de l’imprimé lui même. Cette dernière spécification est la plus contraignante.
Les qualités nécessaires à un moniteur graphique.
La première des qualités pour un moniteur, c’est la stabilité. Le moins que l’on puisse dire c’est que les tubes cathodiques des écrans CRT sont sujets à des sautes d’humeur dans ce domaine ! La seule montée en température du tube cathodique au long de la journée influant sur la représentation des couleurs.
L’arrivée des écrans LCD a résolu le problème.
Le point faible majeur des moniteurs LCD réside dans la représentation du noir. Les constructeurs indiquent dans leurs spécifications le ratio point blanc/point noir, 1/1000 par exemple signifie que le point noir est 1000 fois moins lumineux que le point blanc. Ils indiquent également la luminosité maximale du point blanc en Candéla par mètre carré. On peut calculer la qualité du point noir de l’écran grâce à ces deux valeurs : la luminosité maximale du point blanc étant par exemple de 500 cd/m2, et le ratio du contraste de 1/1000, la luminosité du point noir du moniteur sera de 500/1000 soit de 0,5 cd/m2.
Un noir de bien meilleure qualité, 0,2 cd/m2 par exemple, est accessible, il faut simplement y mettre le prix !
Autre point faible des moniteurs LCD : l’angle de vision. Il faut vérifier à l’achat l’amplitude de l’angle qui autorise un affichage des couleurs et des gris sans variation.
Le gamut de l’impression simulée devant être reproduit intégralement dans celui du moniteur, l’écran doit être capable d’afficher toutes les couleurs présentes sur l’imprimé simulé. Cette exigence fait le bonheur des constructeurs de moniteurs haut de gamme et assure leurs marges. En effet, en synthèse additive, il est difficile de reproduire les tons Cyan saturés tant sur des moniteurs CRT que LCD.
Calibration et caractérisation d’un moniteur.
La calibration, c’est la mise en concordance avec les normes du constructeur de l’écran.
La caractérisation, c’est l’empreinte colorimétrique de l’écran grâce à l’établissement d’une courbe ICC.
La calibration consiste à régler le contraste de l’écran entre 80 et 120 cd/m2, la température du blanc à 5000 °K (D50) et à régler le point noir de manière à ce qu’il soit légèrement différent visuellement de celui du cadre de la dalle.
La caractérisation s’obtient en utilisant soit un colorimètre, soit un spectrophotomètre combiné à un des nombreux soft existants dans ce domaine. La qualité de la courbe obtenue dépend très étroitement de la qualité de l’appareil et du soft utilisé. Un spectrophotomètre plutôt qu’un colorimètre, de préférence de qualité, apporte un réel plus pour la restitution de « vraies » couleurs sur une dalle LCD.
Exigences des certifications PSO eu égard au Soft Proofing :
L’écran du poste de visualisation des données d’illustrations doit être calibré selon les normes ISO 3664 et 12646 et demande une installation dans un environnement spécifique, sans qu’une réflexion de lumière gênante soit visible, la luminosité ambiante doit être adaptée à l’écran.
L’utilisation d’une cabine lumière du jour pour visualiser les épreuves en comparaison avec le moniteur est fortement recommandée (lumière normalisée D50, température 5000 K, 2000 lux).
Parmi les softs de contrôle existants, nous conseillons :
UDACT (Ugra Dispay Analysis and Certifcation Tool)
Autres logiciels connus : VIEWSign, adJUST .
Les fabricants d’écran tels EIZO ou LaCie, etc… fournissent ou proposent des sondes et/ou des softs pour calibrer et caractériser leurs produits, ces softs ne permettent pas en revanche l’édition d’un rapport de conformité à la norme.